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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 12:51

 

Partenariats, formations, accompagnement des officiers..., pour guider le personnel de la Défense sur le chemin de la reconversion, l'agence de reclassement du ministère fourbit ses armes sur plusieurs fronts.

 

En route pour un emploi civil ou vers un nouveau parcours du combattant… Chaque année, environ 20 000 anciens militaires troquent le treillis et l’uniforme contre la tenue de ville. En 2014, près de 9 000 ont été reclassés dans le secteur privé, soit une baisse de 3,6 % par rapport à 2013. Le nombre d’ex-militaires au chômage s’élevait lui à 12 927, en hausse de 3,5 % sur un an. Compte tenu de la conjoncture économique dégradée, le bilan publié cet été met en avant des résultats « satisfaisants » selon Défense Mobilité.

Destinée à l’ensemble des armées (Terre, Air et Marine), l’agence du ministère de la Défense créée en juin 2009 accompagne la transition professionnelle de 25 000 personnes – militaires, gendarmes et civils de la Défense, ainsi que de leurs conjoints. Une mission cruciale en période de diète forcée : avant les événements de janvier 2015, la loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019 prévoyait initialement de supprimer 34 000 postes sur cinq ans. Mais, alors même que les effectifs globaux ont fondu de 7 800 postes en 2014, la Défense a continué de recruter 16 000 jeunes. Il faut dire que, pour répondre à l’obligation de jeunesse des troupes, elle doit renouveler ses effectifs sans relâche.

 

Seconde carrière

 

Dans cette perspective, offrir une aide à la reconversion est aussi un moyen de renforcer l’attractivité des métiers militaires : « L’Armée est en mesure d’accompagner, le moment venu, celles de ses recrues qui aspirent à une seconde carrière », souligne le général Arnaud Martin, à la tête de Défense Mobilité. Selon qui le rôle de l’agence de reconversion consiste aussi à mettre en lumière la « marque Défense »: « Les militaires ont des atouts pour rejoindre la société civile. Beaucoup d’employeurs apprécient les valeurs acquises à l’Armée. »

À la manœuvre, les 700 collaborateurs de l’agence se chargent de valoriser les candidats auprès des entreprises. « Le cœur de notre activité repose sur un maillage de l’ensemble du territoire national. Nos conseillers, en contact avec 7 000 PME et TPE, proposent à ces entreprises des profils qui correspondent le plus à leurs attentes », poursuit le général.

En 2014, le secteur du transport et de la logistique est resté en tête des recruteurs d’anciens militaires, avec 30 % des reconversions. Suivent les services à la personne et à la collectivité, la maintenance industrielle et les infrastructures, qui ont représenté chacun 14 % des recrutements.

 

L’année dernière, Défense Mobilité a également développé sa politique de partenariats avec les grands groupes. Cinq nouveaux accords ont été signés, portant à 71 le nombre de conventions passées avec des entreprises et des fédérations professionnelles. Dans ce cadre, les employeurs s’engagent à communiquer à Défense Mobilité leurs besoins de recrutement. En retour, l’organisme de reconversion leur présente des candidats. Sur les 9 000 militaires reclassés dans le privé, 1 479 l’ont été dans des entreprises liées par des accords avec l’agence, dont plus des deux tiers (546) dans le secteur de l’intérim. « Nous avons signé un partenariat avec le syndicat du machinisme agricole. Ce secteur propose annuellement entre 4 000 et 5 000 postes à pourvoir et de l’emploi durable à la clé », indique le général.

Des partenariats avec les ministères de la Justice ou de l’Éducation nationale ont également porté leurs fruits. En hausse de 10,6 % (2 135 reclassements hors gendarmes), les accès aux trois versants de la Fonction publique ont pris du galon.

 

Gisement d’emplois

 

 

L’opérateur de la Défense mise aussi sur un autre gisement d’activités pour les ex-militaires : l’industrie aéronautique. Un nouveau pôle de formations diplômantes dédiées à ce secteur a ainsi été ouvert au Centre militaire de formation professionnelle de Fontenay-le-Comte, en Vendée.

De fait, Défense Mobilité utilise la formation comme levier d’action. Au total, plus de 4 000 candidats ont bénéficié de prestations d’acquisition de compétences dans 18 domaines professionnels (mécanique, transport, bâtiment…). Le faible niveau de qualification initiale des militaires du rang a d’ailleurs compliqué leur reconversion, en particulier celle des soldats ayant moins de quatre ans de service (27 % de reclassements en moins par rapport à 2013).

La reconversion des officiers, catégorie de l’Armée la plus touchée par les réductions de personnel, accuse elle aussi un plongeon (466 reclassements, soit - 16 %). Défense Mobilité, qui a accompagné 1 600 militaires gradés dont 600 cadres supérieurs, a mis l’accent sur cette population en créant l’an dernier une mission « reconversion des officiers ». Cette structure pilote le dispositif d’accompagnement des officiers et leur propose un parcours de reconversion individualisé. « Nous développons les relations avec les réseaux des associations d’élèves des grandes écoles militaires. Ces relais au sein de la société civile peuvent faciliter l’accès des officiers au marché caché de l’emploi », commente le général Martin.

Défense Mobilité a d’autre part renforcé les compétences de ses conseillers en charge de l’accompagnement des officiers : globalement, les dépenses de formation du personnel de l’agence ont augmenté de 138 % (0,67 million d’euros). Et au passage, l’opérateur aura réussi à préserver ses effectifs l’année dernière. En période de dégraissage généralisé, c’est déjà une bataille remportée.

 

Paru dans Entreprise & Carrières, N° 1257 du 06/10/2015

Rubrique : Sur le terrain

Auteur(s) : José Garcia Lopez

 

 

 

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Published by José Garcia Lopez
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