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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 15:40

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L’opérateur organise des entretiens d’information destinés aux salariés de 55 ans et plus pour leur permettre de choisir parmi les formules de temps partiel du dernier accord seniors.

 

Un « choc démographique », tel est le risque à moyen terme pour France Télécom-Orange, selon son DRH, Bruno Mettling. D’ici à 2020, 30 000 seniors, soit un tiers des effectifs, auront quitté l’entreprise, a-t-il indiqué lors de la présentation à la presse du nouvel accord seniors du groupe, en janvier dernier.

Le texte, signé par quatre des cinq organisations syndicales représentatives (lire Entreprise & Carrières n° 1126), devrait permettre « de lisser les départs à la retraite », en aménageant le temps de travail des seniors.

Dans le prolongement du précédent accord de novembre 2009, il introduit notamment deux nouveaux temps partiels seniors (TPS) pour les salariés désireux de prendre leur retraite entre 2018 et 2020. Ces formules, l’une à 50 % sur trois ans, l’autre à 60 % sur cinq ans, incluent une “sur-rémunération” et une prise en charge intégrale des compléments de cotisation retraite par l’employeur.

En parallèle, le nouveau texte reconduit les entretiens Cap seniors, destinés à informer les salariés de 55 ans et plus sur les aménagements possibles de leur fin de carrière. L’occasion, pour eux, de se renseigner sur les TPS, leur possible date de départ à la retraite ou encore le rachat éventuel de trimestres. « Ces entretiens sont très concrets, explique Christine Petit, directrice des services partagés RH, qui a piloté la négociation de l’accord. Les salariés en ressortent avec des simulations et des documents chiffrés qui facilitent leur choix. »

Quelque 200 collaborateurs Orange avenirs, répartis sur le territoire national, mènent les face-à-face. Rattachés aux DRH régionaux de l’entreprise, ces conseillers ont pour mission d’accompagner tous les salariés dans leur parcours professionnel : mobilité, formation… Rodés au décryptage de carrière et aux calculs pointus de retraite, ils ont déjà réalisé 24 500 entretiens depuis 2009.

 

12 000 entretiens prévus


À la suite du dernier accord, le groupe s’attend à un afflux massif de demandes de rendez-vous. Jean-Paul Gristi, délégué syndical central CGT Fapt, premier syndicat représentatif chez France Télécom-Orange, estime aussi que « de très nombreux salariés de plus de 55 ans souhaitent lever le pied à l’approche de la retraite ». Partant, la direction prévoit de rencontrer 12 000 salariés pendant la période de l’accord et table sur une adhésion de 70 % des salariés éligibles aux TPS entre 2018 et 2020.

« Ces projections se basent sur trois ans de réussite des dispositifs antérieurs », avance la directrice des services partagés, pour qui ces rendez-vous n’ont pas été conçus comme des moyens de prévision ou de pilotage des flux de départs à la retraite. « Fondés sur le volontariat, ces entretiens sont un moment d’échange privilégié entre le conseiller d’Orange avenirs et le salarié afin de l’accompagner au mieux dans sa fin de carrière, assure-t-elle. Aucune consigne n’a été donnée pour inciter les collaborateurs à choisir les TPS ou pour les en dissuader. » Mais, étant donnée « l’absence de mesure emblématique pour le maintien dans l’emploi des salariés les plus âgés », Patrick Ackermann, délégué syndical Sud-PTT (non signataire de l’accord), dénonce des dispositifs aux allures de plan de départ : « Jusqu’à présent, les entretiens Cap seniors étaient destinés à pousser les gens vers la sortie. Il n’y a pas de raison que cela change. » De son côté, Jean-Paul Gristi n’a pas eu de remontées indiquant des pressions sur les salariés : « La direction semble respecter les engagements qu’elle a pris lors de la négociation », remarque-t-il.



Manque de perspectives


« Le battage autour de cet accord a été très fort. Pourtant, il s’agit d’un texte a minima qui ne propose que peu de perspectives de carrière pour les seniors, regrette quant à lui Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC/Unsa de France Télécom-Orange. L’avenir des salariés qui restent n’est pas très enthousiasmant. » Le syndicat juge également insuffisante la contrepartie en création d’emplois pour limiter les risques de dégradation des conditions de travail dans les équipes concernées par les temps partiels. La direction prévoit en effet l’embauche de 4 000 salariés en CDI entre 2013 et 2015 contre 10 000 départs à la retraite sur la même période. De quoi amortir, en partie seulement, le “choc démographique” à venir.



FRANCE TÉLÉCOM-ORANGE

• Activité : opérateur de téléphonie.

• Effectif : 172 000 salariés dans le monde, dont 105 000 en France.

• Chiffre d’affaires 2011 : 45 milliards d’euros.

 

Paru dans Entreprise & Carrières, N° 1130 du 05/02/2013
Rubrique : Enquête


Auteur(s) : JOSÉ GARCIA LOPEZ

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Published by José Garcia Lopez - dans Articles Entreprise & carrières
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