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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 13:42

Le constructeur naval militaire mise sur la professionnalisation et l’apprentissage pour pérenniser son savoir-faire. En ligne avec ses engagements, l’entreprise voit aussi, avec l’alternance, un moyen d’aider les jeunes en difficulté.

 

 

Dans le langage maison, on appelle cela le “matelotage”. Le compagnonnage ouvrier version industrie navale. La pratique ne date pas d’hier et, côté apprentissage, DCNS navigue en eaux connues. Cette année, ils seront 420 à suivre un cursus de formation en alternance dans le groupe, soit 3,2 % de l’effectif. Un chiffre légèrement supérieur aux 3 % prévus par l’accord GPEC de juin 2009.

Le constructeur naval privilégie le recours à l’alternance sur des postes de production : soudeurs, chaudronniers, charpentiers, électriciens… Des métiers en tension pour lesquels l’employeur cherche à remplacer les départs liés à l’âge. « Dans l’industrie navale, une part importante du savoir-faire reste encore insuffisamment formalisée, souligne Pierre Monfort, directeur de la formation. L’alternance est indispensable au transfert de compétences. » L’accord GPEC du groupe fixe ainsi des objectifs en termes de recrutement pérennes : 75 % d’embauches en CDI pour les alternants positionnés sur des emplois en développement et 30 % pour les emplois “stables”.



Création du Campus naval


Afin de pouvoir répondre à ses besoins, DCNS se rapproche de l’Éducation nationale. L’entreprise a créé, avec le Groupement des industries de construction et activités navales, le Campus naval en octobre 2012. Cette structure regroupe des établissements d’enseignement, du lycée aux grandes écoles, ainsi que des centres de formation. Avec les principaux industriels navals et l’UIMM, DCNS, a également initié la licence professionnelle métiers industriels de la construction navale, qui se déroule dans le cadre d’un contrat de professionnalisation.

En 2012, l’industriel a affiché un taux de 35 % d’alternants recrutés en CDI et de 10 % en CDD. Pierre Monfort distingue les activités transversales (ressources humaines, communication, commercial…) des métiers de l’industrie. « Dans les fonctions support – où il est plus difficile de trouver une entreprise d’accueil que dans le domaine de la production industrielle –, notre objectif consiste au moins autant à aider les alternants à obtenir leur diplôme qu’à proposer à chacun un emploi à l’issue de leur formation. »

Le prérecrutement n’est donc pas le seul enjeu de l’alternance, pour DCNS. Depuis 2008, l’industriel ouvre ainsi ses portes à des jeunes en panne de projet ou en difficulté scolaire, à travers son programme citoyen des “Filières du talent”, sélectionnés après un mini-stage de découverte. Dans le groupe, près de 30 % de la totalité des alter– nants sont ainsi issus de cette voie. « À travers l’alternance, nous cherchons à la fois à satisfaire nos besoins en compétences et à aider les jeunes sans diplôme ni emploi en leur donnant le goût d’apprendre », poursuit le responsable de la formation. Depuis le début de l’opération, plus de 400 personnes ont suivi un cursus de formation en alternance. Parmi elles, 150 ont été accompagnées au sein du groupe ou dans d’autres entreprises.

Car DCNS se montre également soucieuse de ne pas laisser ses alternants non recrutés à quai. Dans son accord GPEC, l’en­treprise s’est engagée à aider les alternants qui la quittent sans emploi à s’insérer sur le marché du travail. Le dispositif mis en place consiste d’abord en des ateliers d’aide à la recherche d’emploi – rédaction de lettres de motivation et de CV, simulations d’entretien – animés par Pôle emploi et l’Apec. D’autre part, les ressources humaines, en partenariat avec l’UIMM et les missions locales, assurent un accompagnement personnalisé et un suivi des alternants pendant les six mois qui suivent la fin du contrat.

Paru dans Entreprise & Carrières, N° 1156 du 03/09/2013
Rubrique : Enquête

Auteur(s) : JOSÉ GARCIA LOPEZ
DCNS

• Activité : construction navale de défense.

• Effectif : 12 800 salariés.

• Chiffre d’affaires 2012 : 2,4 milliards d’euros.

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Published by José Garcia Lopez - dans Articles Entreprise & carrières
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