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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 13:58

Le réseau d’emploi durable (RED), un laboratoire d’idées toulousain, a inventé en 2008 une pépinière intergénérationnelle. Il s’agissait de fournir, en tandem avec des jeunes, de nouveaux postes à des salariés âgés démotivés. L’expérience va désormais essaimer en direction de demandeurs d’emploi.

 

 

 

Deux ans avant le plan gouvernemental en faveur de l’emploi de 2008, le RED, pour réseau d’emploi durable, est né. Dès l’origine, il s’agissait pour les membres de ce think tank « d’innover et de fluidifier l’emploi sur le marché territorial », déclare Corinne Cabanes, secrétaire générale du réseau, et directrice du cabinet de recrutement Menway Sud-Ouest. « En Midi-Pyrénées, seules 22 % des entreprises ayant mis en œuvre un plan seniors envisagent de recruter parmi cette population », constate-t-elle. Le réseau, association loi 1901, regroupe aujourd’hui une cinquantaine d’entreprises de la région toulousaine parmi lesquelles Continental Automotive, Latécoère, Steria ou Veolia.

 

Missions de tutorat

Une “pépinière de seniors” baptisée Red’Générations est créée en 2008 pour faciliter leur recrutement. Il s’agit d’offrir des perspectives à des salariés en dernière partie de carrière, démotivés, en panne de projets professionnels et qui ont besoin de rebondir et de se reconvertir. Recrutés en tandem avec des juniors en recherche de poste ou en stage, ils sont chargés de les accompagner et de transmettre leurs compétences. Techniquement, ces seniors sont détachés de leur entreprise et mis à disposition d’autres structures. Ils continuent à être rémunérés par leur société et effectuent des missions de trois à neuf mois dans leur nouveau poste. Durant cette période, les duos jeunes-seniors sont accompagnés par un réseau d’experts volontaires du RED – consultants, DRH, coachs, juristes, fiscalistes – et suivent des modules pédagogiques de formation et de coaching.

 

Parcours de transformation

« La démarche, expérimentale, a consisté en un parcours de transformation plutôt que de formation », souligne Corinne Cabanes. Atypique, la méthode ne s’apparente en effet ni au tutorat – un système que la secrétaire générale juge « peu adapté à la génération Y » –, ni à l’outplacement : le redéploiement de carrière du senior peut s’effectuer dans son entreprise d’origine. Pas plus qu’au bilan de compétences d’ailleurs, car le programme débouche sur la mise en œuvre d’actions concrètes. Résultat de ces stages coopératifs ? La vingtaine de binômes et les quelque 80 salariés de la Caisse d’épargne Midi-Pyrénées accompagnés par la pépinière ont redonné un nouveau souffle à leur carrière, en interne ou en externe. Les bénéfices sont réciproques : les jeunes apportent leur dynamisme et un savoir théorique actualisé, tandis que les seniors transmettent des savoir-faire et un carnet d’adresses qui facilitent l’orientation des juniors et leur entrée dans le monde du travail. En quelques mois de travail en commun, plusieurs années d’expérience professionnelle sont ainsi transférées.

A travers ce bain de jouvence in vivo, « les plus anciens retrouvent une adaptabilité dans l’entreprise, commente la responsable du RED. En se rendant utiles et opérationnels, ils revalorisent leurs compétences, reprennent confiance en eux-mêmes et sont redyna­misés ». La pépinière a aussi pour objectif de créer une synergie économique et sociale : elle a mis à disposition des employeurs un vivier d’expertises motivées, leur permettant d’embaucher des jeunes diplômés ayant l’équivalent de plusieurs années d’expérience. Tout en ayant pour volonté de pérenniser l’emploi dans le bassin d’emploi local, notamment chez les sous-traitants d’Airbus, premier employeur régional, dont les recrutements massifs risquaient d’assécher le tissu de compétences chez les sous-traitants.

La méthode a bien fonctionné. Au point que le programme a d’ailleurs reçu le soutien de partenaires institutionnels et privés : direction régionale de l’emploi (Direccte), gestionnaire de fonds de la formation professionnelle (Agefos), grandes écoles, universités et acteurs éco­nomiques locaux. Mais « le bénévolat des membres du réseau a ses limites », reconnaît Marie-Estelle du Boullay, DRH du groupe agroalimentaire 3A et présidente du RED. Il s’agit notamment de ne pas pénaliser pécuniairement les employeurs qui continuent de rémunérer les seniors pendant leur parcours à l’extérieur de l’entreprise.

 

Pérenniser et essaimer

Le RED, qui finalise aujourd’hui son plan de financement, espère ainsi réunir entre 30 000 et 50 000 euros d’ici à la fin de l’année. De quoi pérenniser la pépinière, l’essaimer dans d’autres bassins d’emploi et surtout la proposer aux seniors demandeurs d’emploi de Midi-Pyrénées.

 

Encadré

RED’GÉNÉRATIONS, UN PARCOURS EN QUATRE TEMPS

Le RED et son réseau d’experts a mis au point une méthodologie en quatre étapes. La première, “transformation”, vise à identifier et valoriser l’expérience professionnelle : accompagné d’experts, le salarié senior identifie ses expériences professionnelles pour mieux cerner son potentiel de développement. Par la suite, au cours de l’étape “transmission”, le salarié transfère son savoir-faire et son savoir-être à des jeunes, en stage, cdd ou intérim, au sein d’une entreprise. Le troisième temps, “l’action”, est celui de l’essaimage, où le salarié senior peut envisager de reprendre ou de créer son entreprise, ou d’exercer une fonction d’expert lors de différentes missions. In fine, le parcours débouche sur “la solution” : le senior est à même de réintégrer son entreprise ou de se lancer dans une autre structure pour relancer sa carrière.

 

 

Paru dans Entreprise & Carrières, N° 1065 du 04/10/2011

Rubrique : Pratiques
Sous Rubrique : RETOUR SUR…

Auteur(s) : JOSÉ GARCIA LOPEZ

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commentaires

plombier paris 5 29/01/2015 16:58

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.
Cordialement