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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 17:16

Le spécialiste de la vision nocturne et des intensificateurs de lumière fournit à ses collaborateurs une information annuelle synthétique sur tous les éléments de leur rémunération.

 

Des NAO tendues, comme celles de l’année 2008, chamboulées par une grève, Photonis en a connues. Mais depuis la mise en place du bulletin social individuel (BSI), Laurent Magal, le DRH, aborde ses négociations salariales avec plus de sérénité : « Le BSI apporte des éléments factuels. Les discussions avec les partenaires sont plus posées », assure-t-il. Facteur de paix sociale, ce support de communication s’adresse aux 520 salariés en CDI au siège de l’entreprise corrézienne depuis juillet 2011.
Lorsque, fin 2010, le directeur lance son projet, il veut avant tout communiquer plus clairement sur des éléments de rémunération méconnus du personnel. À l’époque, le baromètre biennal interne pointe en effet que les deux tiers des salariés du site de Brive-la-Gaillarde ont une très mauvaise perception de l’équité salariale, alors qu’ils sont par ailleurs 78 % à être satisfaits de travailler dans l’entreprise.
Face à l’incompréhension du personnel vis-à-vis de sa politique salariale, le DRH fait de la transparence son cheval de bataille. Pour inverser la tendance, il lance, fin 2010, le projet d’un dispositif de communication. À travers ce document à vocation pédagogique, il s’agit pour Laurent Magal de valoriser auprès des salariés leur rémunération globale. Laquelle a pu représenter ces dernières années jusqu’à seize mois de salaire pour le personnel de l’entreprise.
Un document synthétique annuel
Faute de moyens humains suffisants pour réaliser le document en interne, le DRH s’est appuyé sur l’offre de son opérateur de paie ADP, qui propose à ses clients des supports de communication personnalisables. Concrètement, le document est envoyé tous les ans au domicile des salariés. Il récapitule les éléments de la rémunération de base, les rétributions différées (participation, épargne salariale…) ainsi que les périphériques et les avantages sociaux (complémentaire santé, participation de l’employeur à la cantine…), allant même jusqu’à détailler le coût des formations pour l’entreprise. Le support comporte également un graphique qui mesure la progression de la rémunération du collaborateur sur cinq ans.
Une majorité de réactions positives
La présentation des informations et leur mise en page attractive séduisent une majorité de collaborateurs qui trouvent le document « clair », « synthétique », « facile à lire » ou encore « instructif ». Sur le fond, « 75 % des salariés de Photonis estiment aujourd’hui être correctement rémunérés », observe le patron des RH. Lequel se réjouit des réactions positives : « Des personnes sont surprises par les montants élevés que l’entreprise consacre à leur formation. D’autres nous indiquent qu’elles se sentent plus motivées à la lecture du document. »
Seul regret du DRH : le bilan n’est pas remis aux salariés lors de leur entretien annuel. « Avant de l’envisager, il faut que nous professionnalisions davantage nos managers dans la gestion des RH », glisse-t-il. Car, plus qu’un simple coup de com, le BSI est conçu par Laurent Magal comme un dispositif pérenne, quelle que soit la progression des rémunérations dans son entreprise : « Un responsable qui s’appuie sur le support lors de l’entretien pourra justifier sa décision managériale beaucoup plus facilement », défend-il. Et si, en période de vaches maigres, les augmentations venaient à fondre, le BSI, qui met en lumière ce que l’entreprise a déjà donné aux salariés, deviendrait d’autant plus utile aux managers…
Une bonne vision globale
Du côté des syndicats, le BSI a d’abord été accueilli froidement. Depuis, « les mentalités ont évolué », assure le directeur. Par exemple, François Fouché, de la CFE-CGC (4e syndicat), considère le document comme « un plus très complet qui donne aux salariés une bonne vision globale de leur rémunération ». Néanmoins, les autres organisations n’ont pas souhaité s’exprimer. Mais si les NAO en cours chez Photonis se déroulent sous le signe du « consensus », le DRH en est certain : le BSI y est bien pour quelque chose.
José Garcia Lopez
Paru dans Entreprise & Carrières: N° 1084 du 21/02/2012
Entreprise & Carrières - 2012
Rubrique : Pratiques

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Published by José Garcia Lopez - dans Articles Entreprise & carrières
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