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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 16:37

La compagnie ferroviaire mise sur son premier jeu de simulation pour faire connaître ses activités et booster ses recrutements d’ingénieurs.

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Attirer les ingénieurs, l’affaire n’a rien d'un long rail tranquille à la SNCF. Bon an mal an, l’entreprise publique recrute avec peine près d’un millier de profils pointus, car les spécialistes des ouvrages d’art, du génie électrique ou du matériel roulant ne courent pas les gares. Et, dans un contexte de modernisation du réseau ferré et de développement international, les besoins du groupe progressent. Pour inverser la vapeur, le transporteur espère convertir en candidats les ingénieurs les plus joueurs.
Après Thales, L’Oréal, Air France ou BNP-Paribas, dont la dernière édition du jeu Ace Manager a attiré plus de 14 000 participants, la SNCF s’est donc à son tour pris au jeu du serious game.
Du 24 septembre au 24 novembre 2012, Défi ingénieurs SNCF a proposé aux internautes de concevoir un viaduc pour le TGV, d’ajuster des horaires de trains ou de prendre les bonnes décisions dans des situations de crise. Conçu par des ingénieurs du groupe ferroviaire et réalisé avec l’agence TBWA, ce jeu sérieux testait les connaissances techniques, la logique ainsi que la capacité des participants à gérer des ressources.
Les meilleurs compétiteurs, en solo ou par école, pouvaient remporter des week-ends et des voyages autour du monde. Selon Françoise Tragin, responsable du programme de développement du recrutement ingénieurs, le jeu a pour objectif de booster la marque employeur : « Il s’agit de renforcer l’attractivité de l’entreprise auprès des jeunes diplômés issus des meilleures formations ainsi que des profils spécifiques, débutants ou expérimentés. »
L’opération vise aussi à communiquer autour de la diversité des postes proposés à cette cible : « Dans nos cinq branches d’activité, de la grande vitesse à la logistique, en passant par les infrastructures ferroviaires, certains de nos métiers restent méconnus », atteste la responsable. Pour qui il s’agit plus largement de susciter la curiosité et d’engager des échanges avec les candidats potentiels : « Nous souhaitons repérer et recruter les nouveaux talents dont nous avons besoin, d’une façon innovante, ludique et pédagogique. »
Toute la difficulté de l’exercice consiste à concilier caractère professionnel et ton ludique.
Agrémenté d’animations attractives au graphisme réaliste, le serious game se pose en variante des méthodes classiques de sourcing. Permettant d’attirer l’attention du jeune public technophile en envoyant l’image d’une entreprise créative, le jeu a également été relayé sur les réseaux sociaux, où le transporteur souhaite renforcer sa présence.

66 000 visiteurs

Recruter via un serious game, une combinaison gagnante ? Les dernières données de fréquentation de Défi ingénieurs sont très bonnes au regard de la durée du jeu.
En deux mois, le site du jeu a comptabilisé plus de 66 000 visiteurs dont 7 400 uniques. La durée moyenne des visites s’élève à six minutes, « un excellent score pour ce type de jeu », souligne Françoise Tragin.
Quant au budget, la SNCF ne le précise pas, mais il faut compter environ 300 000 euros pour une opération de cette envergure. Reste à comptabiliser le nombre de CV supplémentaires reçus et leur taux de transformation… « Nous allons maintenant contacter les participants ayant réalisé les meilleurs scores. L’enjeu consiste à créer et à maintenir un lien avec les joueurs », assure la responsable. Un défi peut en cacher un autre.

 

Paru dans Entreprise & Carrières, N° 1123 du 18/12/2012

Rubrique : Pratiques


Auteur(s) : José Garcia  Lopez

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Published by José Garcia Lopez - dans Articles Entreprise & carrières
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